La vitamine D liée à la SP

« La sclérose en plaques pourrait être évitée grâce à des suppléments quotidiens de vitamine D », rapporte The Times, affirmant que les scientifiques ont trouvé le premier lien causal entre la « vitamine soleil » et un gène qui augmente le risque de maladie neurologique incurable.

Les nouvelles proviennent de recherches sur la façon dont la vitamine D interagit avec les gènes qui rendent certaines personnes plus susceptibles de développer la SP. Les chercheurs affirment que leur étude implique fortement que la carence en vitamine D augmente le risque de développer une SEP chez les individus sensibles. Cette étude ne cherchait pas à trouver un remède ou un traitement contre la SP.

Le Times rapporte que passer plus de temps au soleil (ce qui rend le corps à produire de la vitamine D) pourrait protéger contre la maladie. Cependant, l’exposition à des niveaux élevés de lumière du soleil peut endommager la peau et provoquer le cancer. Le journal suggère également que l’utilisation de suppléments de vitamines par les femmes enceintes pourrait réduire le risque de leur enfant. Le conseil actuel pour les femmes enceintes est qu’elles peuvent choisir de prendre jusqu’à 10 microgrammes de vitamine D par jour et de contacter leur généraliste pour des conseils spécifiques.

Bien que préliminaire, cette étude importante ouvre la voie à de futures recherches sur les actions de la vitamine D et en particulier les interactions complexes entre la lumière du soleil, la vitamine D et les gènes.

D’où vient l’histoire?

Cette étude a été menée par le professeur George Ebers, le Dr Julian Knight et des collègues de l’Université d’Oxford, de l’hôpital John Radcliffe et de diverses institutions au Canada. L’étude a été financée par la Société canadienne de la sclérose en plaques, la Fondation de la recherche scientifique et la Multiple Sclerosis Society du Royaume-Uni. Il a été publié en ligne dans la revue à comité de lecture PLoS genetics.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Cette étude génétique et en laboratoire s’est penchée sur la possibilité d’une relation entre la vitamine D et la susceptibilité génétique à la SP. Les auteurs expliquent que la SP est une maladie inflammatoire du système nerveux.

Un domaine particulier du génome (constitution génétique) du chromosome 6, appelé complexe majeur d’histocompatibilité (CMH), aurait la plus grande influence génétique sur le risque de SP chez une personne. Au sein de ce CMH, une section particulière appelée locus HLA-DRB1 est connue pour influencer le risque de SP. Avoir une variation particulière de ce locus, appelé l’haplotype HLA-DRB1 * 15, augmente le risque de SP trois fois.

Il existe également des preuves suggérant que les facteurs environnementaux agissent au niveau de la population pour influencer la distribution géographique de la SEP. Ceci est inhabituel, et même dans les populations de la même ethnie, le risque peut varier jusqu’à trois fois selon la situation géographique. Il existe également une tendance à une incidence plus élevée de la maladie dans les régions moins ensoleillées, comme l’Écosse et les pays d’Europe du Nord.

Cela a conduit à la suggestion que le soleil et en particulier la vitamine D, qui est synthétisée dans le corps en réponse à la lumière du soleil, peut être relié aux causes environnementales de la SEP. Cette étude visait à déterminer si la vitamine D pouvait affecter directement la fonction de gènes spécifiques au sein du CMH.

Une fois dans le corps, la vitamine D peut activer certains gènes. Pour ce faire, il doit se lier à une protéine appelée récepteur de la vitamine D (VDR), qui à son tour se lie à une séquence particulière des lettres dans l’ADN appelé éléments de réponse de la vitamine D (VDREs).

Pour étudier cela, les chercheurs ont utilisé un programme informatique pour examiner les gènes dans le CMH pour VDREs dans l’ADN d’une personne avec l’haplotype HLA-DRB1 * 15 sur leurs deux copies du chromosome 6. Ils ont regardé le HLA-DRB1, – Les gènes DQA1 et -DQB-1, ainsi que l’ADN qui les entoure, ainsi que les gènes IL2RA et IL7RA.

Le programme informatique a identifié un fragment d’ADN ressemblant à un VDRE. Les chercheurs ont ensuite réalisé une étude cas-témoin chez 322 personnes pour voir si sa séquence variait chez les personnes atteintes de SP (cas) et les personnes sans SP (témoins). Ces personnes étaient toutes homozygotes pour (avaient deux copies) de l’haplotype HLA-DRB1 * 15. Les chercheurs ont également examiné l’ADN de 168 personnes qui ne portaient pas cet haplotype à haut risque, mais qui étaient homozygotes pour d’autres haplotypes, qui n’étaient pas associés à un risque accru de SEP, ou qui ne présentaient qu’une augmentation modeste du risque.

Pour tester davantage si la vitamine D pourrait se lier à la séquence de type VDRE, les chercheurs ont effectué des expériences où ils ont mélangé le VDR avec un morceau d’ADN contenant la séquence de type VDRE. C’était pour voir s’il y avait des preuves que les deux étaient spécifiquement liés les uns aux autres. Les cellules ont ensuite été cultivées en laboratoire qui étaient homozygotes pour l’haplotype HLA-DRB1 * 15. La moitié des cellules ont été traitées avec de la vitamine D pendant 24 heures, et l’autre moitié n’avait pas de vitamine D. Les chercheurs ont ensuite utilisé des techniques spécifiques pour voir si le VDRE était lié aux VDR.

Ils ont ensuite étudié si le VDRE pouvait affecter la manière dont les gènes sont activés dans les cellules vivantes. Ils ont pris un morceau d’ADN contenant le VDRE et l’ont attaché à un gène qui produit une protéine qui peut provoquer une réaction produisant de la lumière dans certaines conditions (appelé gène rapporteur en raison de la possibilité de savoir s’il est allumé ou éteint). Cette pièce d’ADN a ensuite été insérée dans des cellules en laboratoire pour voir si l’exposition des cellules à la vitamine D a provoqué l’activation du gène rapporteur. Les chercheurs ont répété cette expérience en utilisant les formes variantes de la VDRE trouvées dans les haplotypes de risque de SM sans ou modérés.

Enfin, les chercheurs ont étudié si le VDRE pouvait affecter l’activation du gène HLA-DRB1. Ils l’ont fait en comparant le niveau de la protéine HLA-DRB1 à la surface des cellules qui portaient deux copies du HLA-DRB1 * 15 et des cellules qui portaient deux copies des haplotypes de variants VDRE moins actifs. Ils ont également examiné comment le traitement de ces cellules avec de la vitamine D affecte les niveaux de HLA-DRB1.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Les chercheurs ont identifié un site possible pour la liaison de la vitamine D (un éventuel VDRE) dans la région qui contrôle l’activation du gène HLA-DRB1 (appelé sa région promotrice). Ils n’ont trouvé aucune variation dans cette séquence possible de VDRE chez les personnes qui avaient deux copies de l’haplotype HLA-DRB1 * 15 à haut risque, qu’elles aient ou non la SEP.

Cependant, les personnes qui avaient deux copies des haplotypes qui n’étaient pas associées à la SEP, ou qui ne présentaient qu’un risque modeste de SEP, avaient des variations au sein de la VDRE possible qui pourraient affecter la liaison de la vitamine D. Des tests en laboratoire ont montré que la protéine VDR pouvait se lier au potentiel VDRE lorsqu’ils étaient mélangés ensemble, et que les deux se lieraient les uns aux autres dans des cellules cultivées en laboratoire.

Ils ont également constaté que le VDRE pouvait conduire à l’activation de gènes rapporteurs en présence de vitamine D dans les cellules du laboratoire, mais que les variantes de VDRE trouvées dans les haplotypes à plus faible risque de MS ne le permettaient pas. Les cellules qui avaient deux copies de l’haplotype HLA-DRB115, et donc la VDRE en cours de traitement, présentaient des taux plus élevés de protéine HLA-DRB1 que ceux qui n’en avaient pas. Le traitement des cellules ayant deux copies de l’haplotype HLA-DRB115 avec de la vitamine D augmente encore plus les taux de cette protéine, mais n’affecte pas les autres cellules.

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs disent que leur étude fournit un soutien supplémentaire pour la vitamine D en tant que facteur de risque environnemental fort pour la SP. Ils disent que leurs résultats «impliquent des interactions directes entre HLA-DRB1, le principal locus de susceptibilité génétique pour la SEP, et la vitamine D, un candidat fort pour la médiation de l’effet environnemental». Ils affirment également que, comme la fréquence de l’insuffisance en vitamine D est élevée dans la population générale, leurs données appuient le recours à la supplémentation pour réduire le nombre de personnes atteintes de SP.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Cette recherche est importante et intéressera particulièrement les personnes atteintes de SP. Cependant, cette étude s’est concentrée sur la susceptibilité à la SP parmi les populations, plutôt que de chercher un remède ou un traitement pour aider ceux qui vivent déjà avec la maladie. « Ce sont des avancées passionnantes, mais malheureusement, nous devons encore trouver et résoudre la cause de la SEP … ce que je pense que nous avons fait est d’ajouter une autre pièce sur le puzzle », a déclaré le Dr Julian Knight, l’un des auteurs.

Les facteurs génétiques et environnementaux multiples jouent un rôle dans le développement de la SEP, et ce travail fait progresser la compréhension scientifique de la façon dont ces facteurs interagissent. Cette étude particulière a porté sur la façon dont la vitamine D pourrait interagir avec des sections de l’ADN de certaines personnes sensibles.

Bien que The Times spécule que les femmes enceintes pourraient réduire le risque de développer une SP chez leur enfant en prenant des suppléments de vitamine D, les auteurs déclarent que la décision d’utiliser des suppléments «devrait toujours être entre le patient et son médecin». Selon les recommandations actuelles du NICE, les femmes enceintes ou qui allaitent peuvent choisir de prendre jusqu’à 10 microgrammes de vitamine D par jour et les femmes devraient consulter leur médecin généraliste pour obtenir des conseils spécifiques obtenir la description.

Le journal discute également de la possibilité de changer les limites d’exposition au soleil recommandées. Alors que la lumière du soleil stimule la production de vitamine D, les dangers d’une exposition élevée au soleil sont bien documentés, et les bains de soleil pour augmenter les niveaux de vitamine D peuvent être nocifs. En outre, l’étude n’a pas comparé si la lumière du soleil ou les suppléments sont une meilleure source de vitamine D, mais seulement regardé l’interaction chimique et biologique de la vitamine D et des gènes dans un laboratoire.

Ce travail mènera indubitablement à d’autres recherches sur les facteurs de risque à l’origine de la SEP, et potentiellement d’autres affections graves. Simon Gillespie, directeur général de la Société canadienne de la sclérose en plaques, a déclaré que la recherche «n’est, bien sûr, qu’une partie de l’histoire, mais ce qui me frappe, ce sont les opportunités et les voies de recherche futures qu’elle ouvre». si les suppléments de vitamine D peuvent améliorer les symptômes des personnes atteintes de SP.

La Société canadienne de la sclérose en plaques peut donner d’autres conseils sur cette étude par l’intermédiaire de son site Web et de sa ligne d’assistance, au 0808 800 8000.