Développer un vaccin contre Zika

La course au développement d’un vaccin contre Zika a débuté en février 2016, lorsque le regroupement inhabituel de microcéphalies et d’autres troubles neurologiques associés à l’infection par le virus à la déclaration d’une urgence de santé publique de portée internationale. Lorsque l’Organisation mondiale de la santé a tenu sa première consultation en mars, 14 projets de vaccins actifs avaient déjà été annoncés1. Aujourd’hui, le suivi des pipelines de l’OMS compte environ 30 projets actifs, menés par des promoteurs de pays endémiques et non endémiques. secteur public.2 Un tel développement du vaccin est rare, et plusieurs candidats ont déjà progressé vers le développement clinique. Ce rythme est facilité par notre expérience collective dans le développement de vaccins contre les flavivirus, la disponibilité de nouvelles technologies vaccinales qui facilitent grandement la fabrication de vaccins appropriés pour les essais chez l’homme et le financement généreux de certains gouvernements pour soutenir la recherche fondamentale et le développement de produits. Il n’est pas garanti que le développement précoce se poursuivra pour l’évaluation clinique des vaccins candidats, ni que la faisabilité technique du développement d’un vaccin aboutira à des produits capables de protéger efficacement le public. Pour surmonter ces difficultés, l’OMS a établi le Plan de recherche et de développement pour la prévention des épidémies3. Ce cadre vise à orienter le développement préclinique et clinique des vaccins, des diagnostics et des traitements pour diverses maladies prioritaires, y compris le Zika3. tirés de l’épidémie d’Ebola, où des retards importants sont intervenus alors que les parties prenantes cherchaient un consensus sur la meilleure voie à suivre et essayaient d’établir les accords nécessaires. Il vise à minimiser les retards et l’incertitude. A la consultation de mars 2016, l’OMS a proposé que la priorité soit donnée à la mise au point de vaccins pour protéger les femmes contre le développement de la maladie de Zika pendant la grossesse, ce qui pourrait prévenir la microcéphalie et les pathologies associées. nouveau-nés. Au cours des mois suivants, l’OMS, l’Unicef ​​et d’autres partenaires ont développé un profil de produit cible (TPP) pour les vaccins Zika en cas d’urgence.4 Le TPP décrit les caractéristiques minimales et préférées d’un produit destiné à un objectif spécifique de santé publique. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un document réglementaire, il décrit des caractéristiques de performance à la fois techniquement réalisables et capables de remplir une fonction de santé publique. Le but du PTP n’est pas de restreindre la portée du travail scientifique mais de diriger les communautés scientifiques, réglementaires et de santé publique vers des caractéristiques prioritaires. Le développement du TPP pour le vaccin Zika a été difficile, principalement parce que nous avons une compréhension limitée de l’épidémiologie. l’infection et l’importance relative des différentes voies de transmission. La sécurité est primordiale car le groupe cible prioritaire est les femmes en âge de procréer et certaines femmes peuvent déjà être enceintes lorsqu’elles sont vaccinées. La grossesse a des répercussions sur les technologies vaccinales les plus appropriées. Le TPP peut être révisé à mesure que notre compréhension de l’épidémiologie, de la maladie et des facteurs modulateurs de la maladie évolue. Des implications réglementaires existent pour tous les nouveaux vaccins, surtout s’ils s’appuient sur des technologies qui ne sont pas utilisées dans la routine. vaccins, et il est encore trop tôt pour identifier une stratégie réglementaire définitive pour tout nouveau vaccin contre le virus Zika goutte. Un dialogue continu est nécessaire entre les développeurs, les régulateurs et les professionnels de la santé publique pour déterminer la meilleure façon d’obtenir des licences rapides, robustes, sûres et fondées sur des preuves. La conception d’essais de nouveaux vaccins Zika, y compris le choix des résultats. L’OMS a établi un processus pour développer des protocoles d’essais génériques annotés pour les maladies prioritaires5, y compris le Zika. Bien que le plan de l’OMS fournisse un cadre pour identifier ce qu’un vaccin Zika devrait viser, et établir des mécanismes et des partenariats pour tester les vaccins candidats, l’OMS directement impliqué dans le développement de vaccins candidats.Cela est fait par diverses entités publiques et privées, notamment aux États-Unis, au Brésil et en Inde. La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (www.cepi.net), une alliance récemment créée pour financer et coordonner le développement de nouveaux vaccins pour prévenir les épidémies, pourrait également être bien placée pour y participer. des éclosions visant à protéger les femmes en âge de procréer et leurs bébés, ou devrait-il être intégré aux programmes de vaccination de routine? Nous ne saurons pas la réponse jusqu’à ce que nous ayons des informations plus détaillées sur l’évolution de l’épidémiologie du virus, le risque et l’échelle des résultats neurologiques, et le niveau d’immunité collective induite par une première vague d’infection. Le développement d’un vaccin contre le virus Zika a bien débuté, mais tous les acteurs doivent maintenir leur élan pour qu’un vaccin devienne réalité dans les trois à cinq prochaines années.